Aller au contenu principal

Dynamisation des centres-villes, un enjeu pour les TPE !

Se réveiller un dimanche et ne trouver aucune boulangerie où acheter son croissant... un cauchemar qui est déjà une réalité dans certaines régions. En 1930, la France comptait en effet deux millions de commerces de proximité. Il n’en reste aujourd’hui que 800 000. Peu à peu, les centres-villes des petites et moyennes communes semblent perdre de leur attractivité. Le taux d’inoccupation des boutiques de centre-ville atteindrait même près de 10%* dans certaines villes. Redynamiser les centres-villes apparaît donc comme un enjeu majeur pour nombre de TPE.

dynamisation_centres_villes_enjeu_tpe

Le dynamisme des centres-villes, un atout pour l’activité des TPE… et des villes !

Les TPE locales et les villes se rejoignent sur une ambition commune qui est celle de travailler pour faire renaître les centres-villes et ainsi :

  • attirer de nouveaux clients grâce à une offre commerciale plus forte,
  • proposer de meilleurs produits et services aux usagers,
  • attirer de nouveaux investisseurs comme les TPE locales.

Comment expliquer le dépeuplement des centres-villes

Si le déclin des centres-villes a débuté dans les années 70 avec l’apparition des premiers supermarchés en périphéries urbaines, le phénomène s’est amplifié en même temps que l'émergence de l’e-commerce. D’ici  2020, les ventes sur Internet pourraient entraîner la transformation, voire la disparition, de près de deux millions de mètres carrés de surface commerciale (soit environ 10% de la surface existante aujourd’hui).

Pour autant, l’évolution des modes de commerce n’est pas la seule cause de désertion des centres-villes. Pour le journaliste Olivier Razemon, il s’agirait en premier lieu d’un problème de mobilité urbaine : “Le transport est indispensable à la collectivité, il a une dimension économique, sociale et environnementale et pourtant c’est un point aveugle, sous nos yeux, mais trop souvent ignoré. Pourtant la ville meurt souvent en raison d’un mauvais système de transports.

Dans les autres explications possibles, on pourrait citer le coût du local, la complexité à monter un commerce, une problématique de diversité des commerces et l’avènement d’Internet...

Les actions mises en place par les TPE pour lutter contre ce phénomène

Dans les villes, de nombreuses associations de commerçants font leur apparition avec pour objectifs de réfléchir ensemble à des solutions concrètes et mettre en place des actions pour revitaliser leur environnement local.

Ainsi, à Sucy-en-Brie dans le Val-de-Marne, est organisée chaque année une braderie des commerçants du centre-ville afin que chacun puisse présenter son savoir-faire et ses produits.

Du côté de Châteaurenard (13), la ville mise sur une ferme pédagogique de 400m2 à destination des enfants pour animer et revaloriser le centre-ville. Un parking souterrain de plus de 400 places a également été construit pour favoriser le stationnement au coeur de la ville. Par ailleurs, les artisans et commerçant qui souhaitent s’installer à Châteaurenard sont dûment sélectionnés par la mairie afin de ne pas avoir trop de redondance dans les typologies de commerce.

Réinventer les centres-villes grâce à des mesures dédiées…

Le Conseil National des Centres Commerciaux à récemment présenté trois mesures pour redynamiser les centres-villes :

  • simplifier le redéploiement des commerces de toute taille en les exonérant d’autorisation d’exploitation commerciale dans les périmètres de centre-ville définis comme prioritaires, afin d’alléger les contraintes administratives et d’accélérer la mise en œuvre des projets commerciaux,
  • inciter les commerçants, dans les mêmes périmètres prioritaires, à la reprise ou la création d’activités en centre-ville en les exonérant de taxes locales, pour une période de trois ans,
  • favoriser l’investissement privé pour le financement d’équipements mixtes de centre-ville en incitant à la création de micro foncières locales qui pourraient permettre de mobiliser l’épargne de proximité.

De son côté, le Ministère de l’Economie et des Finances propose un kit de revitalisation commerciale pour les centres-villes. Ce dernier, disponible sur le site du Ministère, contient notamment un guide pratique pour les commerçants et les municipalités. Un projet d'accompagnement local par la Caisse des Dépôts recommande aussi la désignation d’un “manager de centre-ville” dans les communes touchées par ce phénomène. Le rôle de ce manager est de réfléchir à des plans d’urbanisation plus propices au développement commercial du centre-ville : place de parking, panneaux indicateurs… et d’aller à la rencontre des commerçants pour dialoguer et réfléchir ensemble à des solutions.

… Et à la technologie

À Limoges, un projet de mobilier urbain connecté a été imaginé pour rendre le centre-ville plus attractif. Son principe est de procurer une nouvelle raison de s’arrêter dans l’espace public, d’y échanger entre usagers grâce à des jeux en ligne, des prises de courant, des itinéraires interactifs... plutôt que de n’en faire qu’un lieu de passage.

Du côté de Châtellerault, on mise plus sur la culture et l’humain que sur la technologie. En effet, la ville a mis en place des actions économiques et commerciales concrètes en centre-ville : réhabilitation complète de la place Émile Zola en espace piéton, accueillant tout au long de l’année de nombreuses manifestations (culturelles, sportives, à Noël…). Le boulevard Blossac, quant à lui, reçoit chaque jeudi le marché et chaque mois la brocante. Les vitrines des locaux commerciaux vacants sont aujourd'hui des supports pour les artistes locaux.

 

Et vous, comment agissez-vous pour redynamiser votre centre-ville ?