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Avec « Jupiter 1000 », la France s’engage dans le stockage de l’énergie renouvelable

Un nouveau projet  de stockage des énergies renouvelables s’apprête à faire son apparition à Fos-sur-Mer près de Marseille : Jupiter 1000. Derrière ce nom de super héros se cache le nouveau fer de lance de l’énergie verte.

Jupiter-1000

Jupiter 1000, c’est quoi ?

Le projet Jupiter 1000 est parti d’un constat simple : si on ambitionne d’atteindre les 40 % de production d’électricité d’origine renouvelable en 2030, il faut trouver des solutions au besoin spécifique de stockage des énergies renouvelables intermittentes.  

La réponse de Jupiter 1000 consiste à utiliser l’électricité non consommée produite par des installations éoliennes et solaires et à la convertir et la stocker sous forme de gaz naturel.

Comment transforme-t-on de l’électricité en gaz naturel ?

Le surplus d’électricité est utilisé pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. l’hydrogène produit peut être éventuellement combiné à du dioxyde de carbone pour obtenir du gaz naturel de synthèse. l’hydrogène ou le gaz naturel de synthèse peuvent ensuite être injectés dans le réseau de transport de gaz.

Patrick Prunet, directeur de projet chez GRTgaz, en charge de Jupiter 1000 :

« La combinaison avec le dioxyde de carbone est d’autant plus intéressante qu’elle permet de recycler du CO2 qui aura été préalablement capté au sein des fumées d’usines ou d’un site de production de biométhane. Avec ce procédé, on est neutre en termes de pollution. On ne rejette pas de carbone supplémentaire, car on utilise, pour la méthanisation, du CO2 qui aurait dû sortir des cheminées. »

Schéma explicatif :

Schéma explicatif transformation électricité en gaz naturel

Source du schéma : cliquez-ici.

Si aujourd’hui nous ne sommes pas dans des scénarii de surplus électrique, la donne devrait changer d’ici quelques années. En effet, la production d’énergie renouvelable est en plein développement et continue de croître .

« Apporter une solution de stockage est de nature à permettre aux énergies renouvelables de poursuivre leur développement sur le territoire tout en créant de l’activité et de l’emploi dans la région », ajoute Patrick Prunet.

Pourquoi avoir choisi Fos-sur-Mer ?

Un peu de contexte tout d’abord. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la puissance installée du parc solaire est de 664 MW, ce qui fait de cette région la première en termes de production d’énergie solaire en France.

Fos-sur-Mer réunit tous les critères nécessaires à la mise en place des premiers tests de Jupiter 1000 : canalisation de gaz naturel, production d’énergies renouvelables proche, territoire tourné vers la transition énergétique et source de CO2 sur place avec les fumées industrielles.

Quel avenir pour Jupiter 1000 ?

Avant d’industrialiser la démarche et de la développer dans d’autres régions françaises, des tests sont nécessaires. Ceux de Jupiter 1000 vont durer trois ans.

« Il faudra ensuite attendre les conditions économiques nécessaires pour que le projet puisse être mis en place au niveau industriel, à savoir un surplus d’électricité. Ce surplus devra être suffisamment long afin d’amortir les investissements », précise Patrick Prunet.

Côté usagers, quels sont les changements ?

Un nouveau pas vers la transition énergétique avec une énergie plus verte également plus locale.

Et chez ENGIE, on approuve !

En effet, nous expérimentons en ce moment à Singapour le stockage d’électricité avec de l’hydrogène. Concrètement, nous participons à la construction d’un micro réseau électrique autonome pour démontrer l’utilité de l’hydrogène dans la conversion de l’électricité solaire et éolienne en un combustible stocké qui peut ensuite générer de l’électricité des jours voire des mois plus tard.

Pour Didier Holleaux, Directeur Général Adjoint du Groupe, l'hydrogène dispose “d’un potentiel important à long terme. Si vous produisez de l’énergie en été et en avez besoin en hiver, ou si vous avez besoin que cette énergie soit disponible pendant plusieurs jours nuageux, alors l’hydrogène sera la solution la plus adaptée.”

A Singapour, ENGIE expérimente le stockage d’électricité avec de l’hydrogène

ENGIE participe à Singapour à la construction d’un micro réseau électrique autonome pour démontrer l’utilité de l’hydrogène dans la conversion de l’électricité solaire et éolienne en un combustible stocké qui peut ensuite générer de l’électricité des jours voire des mois plus tard.

L’hydrogène dispose "d’un potentiel important à long terme", comme le souligne Didier Holleaux, Directeur Général Adjoint du Groupe. “Les batteries sont intéressantes pour « l’intraday » ou quelques heures. Mais si vous produisez de l’énergie en été et en avez besoin en hiver, ou si vous avez besoin que cette énergie soit disponible pendant plusieurs jours nuageux, alors l’hydrogène sera la solution la plus adaptée. Pour cela, les coûts du stockage de l’hydrogène devront fortement baisser, tout comme ceux de l’électrolyse, le procédé qui permet de séparer l’eau en hydrogène et en oxygène. Des industriels essaient de rendre ces équipements plus efficaces mais il leur faudra encore 10 à 15 ans”, assure Didier Holleaux.

ENGIE estime que ce type de micro-réseau, expérimenté à Singapour, offre de multiples opportunités en Asie du Sud-Est, en particulier dans les archipels d’Indonésie. « C’est une région très ouverte à l’innovation, estime Didier Holleaux, dans laquelle de nombreux pays sont prêts à passer directement de « zéro électricité » à un système complètement décentralisé, plutôt que de commencer par mettre en place un réseau traditionnel centralisé et interconnecté. »

ENGIE, notamment via ENGIE Lab Singapour, travaille sur le démonstrateur REIDS (Renewable Energy Integration Demonstrator in Singapore) en collaboration avec Schneider Electric et l’Université Technologique de Nanyang (NTU).

Cette initiative a pour objectif de développer un micro réseau sur l’île de Semakau, à Singapour, afin de résoudre l’un des enjeux majeurs auxquels le secteur de l’énergie fait face aujourd’hui : l’accès à l’énergie dans les zones isolées.

Pour cela, des solutions basées sur des sources d’énergie multiples  seront développées, en intégrant des énergies renouvelables et des systèmes de stockage. Ce programme met l’accent sur la création de synergies et l’utilisation optimisée de ces différentes technologies, afin d’offrir une énergie verte, fiable et financièrement abordable aux îles et lieux isolés de la région.

ENGIE est présent à Singapour depuis plus de 20 ans et y emploie environ 1 600 personnes.

Le Groupe y propose des services d’optimisation énergétique, de gestion des infrastructures et de trading d’énergie, y mène des projets R&D et détient une participation de 30 % dans Senoko Energy, le plus grand producteur d’électricité du pays.