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Les nouveaux artisans, la génération qui monte !

Ils font partie de la génération Y (nés entre 1980 et 2000) et décident de s’orienter ou de se réorienter dans l’artisanat. Entre besoin d’authenticité et retour au concret, focus sur cette nouvelle génération d’artisans créateurs d’entreprise qui fait beaucoup parler d’elle ces derniers mois.

artisans

Les cadres en quête de sens

C’est parti d’une réflexion personnelle : je ne voyais pas de perspectives ; la taille de l’entreprise où j’étais me semblait être la source de tous les problèmes : process, humain, qualité des projets, concessions…. Après pas mal de réflexion sur ce que je voulais faire de ma vie –  et ne pas faire – j’ai eu plusieurs idées. Je suis allé sur le terrain et me suis confronté à la réalité du travail. Il s’est avéré que la charpente répondait positivement à la plupart des attentes que j’avais de ma nouvelle vie professionnelle, alors j’ai creusé.”

Damien, la trentaine, a quitté un emploi bien payé de cadre dans la publicité pour devenir charpentier. Il fait partie de cette nouvelle génération qui après plusieurs années à travailler dans de grandes entreprises, ont décidé de de se réorienter  pour vivre de leur passion ou tout simplement pour trouver un nouveau sens à leur vie professionnelle.

Une reconversion professionnelle assumée

Un CAP cuisine après Sciences Po et HEC ?

Il y a quelques années encore, la question aurait semblé incongrue. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à changer de voie pour se reconvertir à l’artisanat. D’après une étude du journal 20min, plus de 50 % des artisans en activité seraient d’anciens cadres. Le phénomène est de plus en plus courant.

Regardez autour de vous : il est presque certain que vous connaissez un banquier reconverti en boulanger ou un consultant devenu ébéniste. Selon les chiffres de l'APEC, 14 % des jeunes diplômés de niveau bac+5 ou plus auraient en effet entrepris une réorientation professionnelle dans les deux ans suivant l'obtention de leur diplôme. Environ 7 000 d'entre eux choisiraient chaque année de se tourner vers les métiers de l'artisanat.

Pour le journaliste Jean-Laurent Cassely, auteur du livre La Révolte des premiers de la classe, “cette véritable « anomalie sociologique » trouve son origine dans l'appauvrissement des tâches des métiers à dominante intellectuelle. Beaucoup se voyaient comme avant-garde de la mondialisation, et non comme de bons petits soldats de la suite Microsoft Office”.

Et si le néo-artisan gagne moins bien sa vie, cela vaut le coût. Pour Damien, “en ce qui concerne l’argent je n’ai jamais gagné des sommes folles, mais je suis parti du constat que mon compte avait le même découvert à la fin de mois que je gagne 650, 1.500 ou 2.300 euros. Et que je n’étais pas plus heureux avec un gros salaire qu’avec un petit. Pour moi, gagner plus me permet d’être moins organisé, c’est tout.

La désillusion des cadres

Ce serait donc une profonde désillusion qui conduirait la génération Y à se réorienter vers l’artisanat ? Oui ! Mais c’est plus subtil que cela. Il s’agit finalement d’un mix de facteurs qui provoquent une vraie lassitude, voire une perte de repères qui conduit ces néo artisans à quitter un emploi intéressant sur le papier, même s’il est rémunérateur.

Et ces facteurs sont parfaitement identifiés : le tristement célèbre burn-out (ou syndrome d’épuisement professionnel), le bore-out (l’ennui au travail) et le brown-out (où quand le salarié ne comprend plus le sens de son travail). Trois facteurs malheureusement symptomatiques de l’époque, qui poussent les cadres à emprunter une autre voie.

Pour Jean-Laurent Cassely : “En abandonnant PowerPoint et les indicateurs de performance pour devenir bouchers, pâtissiers ou mécaniciens, ces anciens « manipulateurs d'abstraction », pour reprendre une terminologie sociologique, tenteraient ainsi de rendre de nouveau visible, matérielle, presque palpable leur contribution au réel. De retrouver la « concrétude » de leur participation à la société”.

Même discours du côté d’Alain Griset, président de l’Assemblée permanente des Chambres de métiers et de l’artisanat : “L’artisanat propose une autonomie et un sens au travail que beaucoup de carrières dans les grands groupes ne garantissent plus.

Le néo-artisan est heureux… et le secteur aussi !

Dans les cinq à dix ans, toute une génération d'artisans très qualifiés partira à la retraite, multipliant les occasions de reprise. Souvent, ils laissent derrière eux des entreprises qui n'ont pas su s'adapter aux évolutions technologiques, à la concurrence asiatique ou à celle des grandes chaînes de distribution spécialisées.

Grâce à leurs compétences en gestion, en informatique, en commerce international et à leur aisance relationnelle, les cadres supérieurs sont de vrais atouts pour nos métiers”, se réjouit Pierre Chevalier, président de l'Institut National des Métiers d'Art (INMA).

Et vous, aimeriez-vous vous reconvertir dans l’artisanat ? Et si vous êtes artisan, que pensez-vous de ce phénomène ?

Côté ENGIE, nous avons d’ailleurs interviewé Alexis Roux de Bézieux, ancien consultant dans un cabinet d'audit et conseil, qui a créé Causses, un magasin d’alimentation générale de qualité dans le 10eme arrondissement de Paris. Il nous explique sa reconversion et la création de son entreprise.

Découvrez son portrait ici.

Sources

Influencia.net - Focus sur les artisans millennials

Lefigaro.fr - Quand les surdiplômés déclarent la guerre aux «jobs à la con »

Spanky-few.com - Reconversion professionnelle : Damien Moreau, de la pub à la charpente

Lefigaro.fr - «Brown-out» : quand le travail perd tout son sens

Ithaquecoaching.com - Reconversion professionnelle dans l'artisanat : une aubaine pour les cadres... et pour l'artisanat !

Lexpress.fr - L'art de sortir du cadre