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Mini-entreprises : les TPE débarquent à l’école

On dit parfois que le talent n’attend pas. Et si l’entrepreneuriat n’attendait pas non plus ? C’est en partant de ce postulat que des écoles françaises encouragent leurs élèves à s’initier à l'entrepreneuriat grâce au système des micro-entreprises. Une belle initiative qui pourrait encourager les plus jeunes à se lancer.

tpe-ecole

Une première expérience avec l'entrepreneuriat

Nous avons construit la Dispresso, une nouvelle machine pour dispenser les dosettes de café et une autre est en préparation”, explique Maxime. Derrière lui, Manon, PDG de la mini-entreprise ; Nima, en charge du design de la machine ; Jonas, chargé du site du site Internet et Julie, apprentie publicitaire.

Cette équipe de choc ne fait ni partie d’une start-up, ni d’un grand groupe. Elle est composée d'élèves de 5ème au collège Jacques-Yves-Cousteau de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) et fait partie du dispositif Entreprendre pour apprendre (EPA).

Chaque mercredi après-midi pendant toute l’année scolaire, le petit groupe se réunit pour discuter business plan, marketing, présentation de projets, levée de fonds… sous la tutelle de Mohammed Mesmoudi, professeur de mathématiques, et de l’association EPA. A la fin de l’année, les élèves pourront présenter leur projet au public et participer à plusieurs concours de mini-entreprises en France et en Europe pour se confronter aux regards de “vraies” entreprises.

Les jeunes créent une entreprise qui fonctionne comme une société anonyme ou une société coopérative, sous le couvert de l’association Entreprendre Pour Apprendre. Les mini-entrepreneurs ont chacun un rôle et des responsabilités dans leur entreprise. Ils conçoivent, produisent et commercialisent un produit ou un service. Ils assument aussi la gestion administrative et financière” selon le site de l’EPA.

Le succès des mini-entreprises confirmé

Depuis quelques années, ce type d’initiatives fleurit dans les écoles primaires, collèges, lycées et universités françaises. L’objectif : familiariser les élèves avec le monde de l’entreprise, susciter des vocations mais surtout, favoriser la confiance en soi, aider dans l'orientation professionnelle et donner le goût du leadership.

Ce type de projet cadre tout à fait avec notre volonté d'aller vers l'enseignement pluridisciplinaire”, explique Marie-Hélène Guillaume, la principale du collège Jacques-Yves-Cousteau. Pour les élèves, c’est aussi l’occasion de se frotter au commerce puisque plusieurs Dispresso ont déjà été vendues à mairie de Ferrières-en-Brie et à la Croix-Rouge locale.

Lors de l'année scolaire précédente, 27 000 enfants et jeunes des niveaux CM1 à post-bac (8-25 ans) ont participé aux animations de l'EPA. Agréée par le ministère de l'Éducation nationale, l'association a été labellisée «La France s'engage», une distinction créée par François Hollande pour récompenser les projets au service de la société et qui permet notamment de lever des fonds. Ceux de l'EPA sont à la fois publics et privés.

«Nous avons des partenariats nationaux, dont un représentant vient expliquer comment faire un CV. Mais nous faisons aussi intervenir des acteurs locaux, comme le Lions Club de Bussy qui envoie des retraités raconter leur expérience du monde du travail.» explique Julie Mont, de l’association.

Un principe collaboratif entre éducation et vie professionnelle

Les jeunes entrepreneurs trouvent aussi dans cette initiative l’opportunité de rencontrer des entrepreneurs plus “senior” et de bénéficier de leur expérience. A l’image de celle de Véronique Di Benedetto, vice-présidente France d'Econocom (2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires), qui intervient ponctuellement dans les écoles pour parler de son parcours et répondre aux - nombreuses - questions des élèves. “Il n'y a pas de questions taboues : on m'a déjà demandé combien je gagnais, ce que j'avais comme voiture…”.

Elle évoque notamment avec eux des questions essentielles pour préparer leur éventuelle future vie d’entrepreneur : savoir manier l'anglais, soigner l'exécution de ses idées, accepter l'échec, créer un réseau…

Nous voulons que les jeunes aient un autre regard sur l'entreprise et que les entrepreneurs aient aussi un regard différent sur la jeunesse qui aspire à entrer dans la vie active », résume Patrick Bobe, deuxième président de la branche bretonne de l’EPA.

Chères TPE, la relève est assurée !