Comment économiser de l’énergie en élevage porcin, avec ou sans investissements

6 min de lecture Mis à jour le 29/01/2026
Mis à jour le 29/01/2026 6 min de lecture

Les élevages porcins consomment beaucoup d’énergie, notamment pour la ventilation et le chauffage. Face aux augmentations des prix de l’électricité et du gaz, des économies sont toutefois possibles et amélioreront le coût de revient des éleveurs. Avec ou sans investissements, voici quelques pistes pour réduire la facture d’énergie !

Chauffage, ventilation, nurserie, éclairage, alimentation…les élevages porcins consomment de l’énergie sur divers postes stratégiques. 
La consommation d’énergie moyenne d’un élevage naisseur engraisseur atteint 983 kWh par truie/an et 25 kWh par porc produit/an en post-sevrage-engraisseur. Ces élevages sont donc particulièrement sensibles à l’augmentation des tarifs d’électricité, de gaz ou de fuel.

L’électricité, principale source d’énergie en élevage porcin

 

Entre la reprise post-Covid, la guerre en Ukraine et la vétusté du parc nucléaire français, les coûts du gaz et de l’électricité n’ont cessé d’augmenter. D’après l’Ifip (Institut français du porc), le prix de l’électricité en élevage porcin est passé de 12 à 23 centimes du kWh entre 2013 et 2024. Or, l’électricité y représente en moyenne 76 % des consommations d’énergie .

Le fioul est la deuxième énergie la plus consommée, notamment pour alimenter des groupes électrogènes (13 %) ou des chaudières de type eau chaude (8%). Enfin, le gaz propane est utilisé pour le chauffage (3 %).

Face aux augmentations des prix, la part de l’énergie dans le coût de production des éleveurs est de plus en plus importante.

Des consommations qui dépendent du stade physiologique

 

En élevage de porcs, les postes de consommation les plus énergivores sont le chauffage (46 %), ainsi que la ventilation (39 %). Mais ces parts évoluent en fonction du stade physiologique des animaux.

En effet, les stades”post-sevrage” et “engraissement” sont les plus énergivores, suivis de près par le stade “maternité”.

Un grand besoin de chauffage en post-sevrage

 

D’après l’Ifip, la consommation énergétique atteint 340 kWh/truie/an en nurserie/post-sevrage. Le chauffage représente les trois-quarts des consommations.

 

Cap sur la ventilation en engraissement

 

La consommation d’énergie en engraissement représente 255 kWh/truie/an. La ventilation compte pour 90 % des consommations totales.

 

Du chauffage en maternité

 

En maternité, la consommation d’énergie s’élève à 208 kWh/truie/an, avec une majorité d’énergie consacrée au chauffage (81 %).

Économiser de l’énergie : les bons réflexes

 

Dans les projets de nouveaux bâtiments, la problématique de l’énergie est généralement bien prise en compte. Concernant les bâtiments existants ou en rénovation, beaucoup de solutions existent aujourd’hui pour réduire la facture d’énergie, avec ou sans investissements.

 

Identifier plus finement les consommations d’énergie

 

D’abord, sans trop investir, il est conseillé de poser des compteurs électriques secondaires, par bâtiment, pour identifier et gérer les consommations électriques.

 

Bien régler et entretenir les équipements

 

Un matériel bien entretenu consomme moins. Les éleveurs doivent donc veiller à entretenir les systèmes de ventilation et de chauffage. Ils éviteront ainsi les surconsommations liées à l’empoussièrement.

Tout comme en élevage de volailles, la gestion du couple chauffage-ventilation est déterminante pour l’ambiance du bâtiment et donc, pour les performances techniques. Il est important d’optimiser les réglages pour ne pas gaspiller d’énergie. Un technicien d’élevage peut accompagner l’éleveur dans ces réglages.

Par exemple, une bonne gestion des débits de ventilation engendre des économies sur le chauffage, tout en maintenant l’ambiance du bâtiment.

 

Optimiser la ventilation

 

Quel que soit le stade physiologique des animaux, la ventilation est un poste indispensable dans un élevage porcin. Pour limiter ses consommations, il est opportun d’adopter des équipements économes. Certains constructeurs affichent des économies de 35 % d’électricité.

 

Optimiser le chauffage en maternité

 

En chauffant de manière localisée, par exemple via des niches pour porcelets, les éleveurs chauffent moins et mieux. En effet, si les porcelets nécessitent une température élevée (30°C), les truies préfèrent la fraîcheur (maximum 24 °C). Les niches permettent de cibler les porcelets sans nuire au bien-être des truies. Et ce, sans déperditions thermiques inutiles.

Il existe des lampes capables d’adapter leur puissance aux besoins des porcelets, grâce à un capteur infrarouge. Leur rendement thermique est donc plus intéressant : les kWh consommés sont au maximum captés par les porcelets. D’après Paysan Breton ces lampes permettent une économie de 60 à 70 % de dépenses électriques par rapport à un système classique.

 

Optimiser le chauffage en post-sevrage

 

La sonde thermique d’ambiance ne doit pas être positionnée trop près d’une entrée d’air, où elle relèverait une température inférieure à celle de l’air du bâtiment. Elle ne doit pas non plus être placée trop près des animaux, où elle indiquerait des températures trop élevées. Le mieux : installer la sonde au-dessus d’une case, hors de portée des animaux.

 

Agir sur l’éclairage

 

L’idéal, pour consommer moins d’électricité, est d’augmenter la part de lumière naturelle. La pose de films ou de pare-soleil limiteront le rayonnement direct sur les animaux.

Concernant l’éclairage électrique, des ballasts éco-énergétiques peuvent être installés, bien qu’ils soient onéreux. Sinon, remplacer d’anciens ballasts par des produits récents peut déjà avoir un impact positif sur la consommation d’électricité.

Isoler les bâtiments d’élevage

 

Sur un bâtiment ancien, l’isolation ou bien la rénovation d’une mauvaise isolation contribuent à réduire les consommations énergétiques. En effet, les déperditions de chaleur peuvent se faire à travers les parois, la toiture et le sol.

 

Un bon isolant doit offrir une excellente résistance aux transferts caloriques, être résistant à la chaleur et au feu, être peu sensible à l’humidité, résister aux nuisibles (insectes, rongeurs) et au nettoyage.

 

Pour améliorer l'étanchéité et réduire les pertes thermiques, il est aussi important de traquer les ponts thermiques : angles du bâtiment, jonction entre deux parois…

 

Sur un bâtiment neuf, il faut limiter l’exposition aux vents dominants et enterrer les préfosses de stockage des effluents. Sur un bâtiment existant, il est toujours possible d’installer des haies brise-vent ou de prévoir un talutage des pré-fosses aériennes.

 

Bilan thermique d’une salle en post-sevrage 

 

Récupérer les calories de l’air vicié

 

Échangeur de chaleur air/air

 

L’air extrait d’une porcherie atteint 20 à 24°C selon le stade physiologique. Pour y capter les calories, un éleveur peut installer un échangeur de chaleur air/air. Dans un caisson, deux réseaux de canalisation indépendantes se croisent : un réseau pour l’air vicié, un réseau pour l’air extérieur. Les calories sont transférées de l’une vers l’autre par conduction. Ainsi, l’air entrant se réchauffe sans être directement en contact avec l’air vicié sortant de la porcherie.

Pompe à chaleur

 

Il est aussi possible d’installer une pompe à chaleur (PAC) avec fluide caloporteur. Un fluide circule dans des plaques ou des tubes, et récupère les calories de l’air vicié pour les transmettre à une PAC. Celle-ci les envoie vers un système de chauffage.

Lisiothermie : capter des calories dans la dalle béton du bâtiment

 

Pour réduire 50 à 60 % des consommations d’énergie sur le poste “chauffage”, les éleveurs peuvent installer un réseau de tuyaux dans la dalle béton du bâtiment. A l’intérieur, circule un fluide caloporteur qui capte des calories et les transmet à une PAC. Ce réseau peut, par exemple, être installé la préfosse des salles pour récupérer les calories contenues dans le lisier : c’est la lisiothermie.

À chaque éleveur ses solutions !

 

D’autres technologies existent. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter les fiches éditées par l’ifip : niches, méthanisation passive, lisiothermie, utilisation de la lumière naturelle… les sujets sont variés ! https://batiporc.ifip.asso.fr/accueil

Pour maîtriser la consommation d’énergie en élevage porcin, de bons réglages et un bon entretien sont une première marge de manœuvre. Ensuite, chaque éleveur peut décider d’effectuer des choix techniques plus ou moins onéreux pour réduire sa dépendance énergétique et gagner en sérénité face aux fluctuations des prix.

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Économiser de l’énergie en élevage porcin