Facture électronique : 70% des TPE/PME ne sont pas prêtes pour l’échéance 2026 !

5 min de lecture Mis à jour le 29/06/2026
Mis à jour le 29/06/2026 5 min de lecture

À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être capables de recevoir des factures électroniques. Pourtant, de nombreuses TPE et PME n’ont pas encore adapté leurs outils ni leurs processus. Échéances, obligations, logiciels, plateformes agréées, e-reporting : voici les actions concrètes à engager pour se préparer sans attendre.

Et oui, il ne reste plus qu’un été avant la mise en vigueur du premier volet de la réforme de la facturation électronique. 

Même si d’éventuels changements pourraient intervenir d’ici le mois de septembre, force est de constater que de nombreuses TPE et PME n’ont pas encore engagé les démarches nécessaires pour se mettre en conformité.   

Selon une étude de l’éditeur Qonto fin 2025, près de 70 % des TPE et PME françaises ne seraient pas prêtes pour l’échéance de septembre 2026. Un constat corroboré par d’autres enquêtes plus récentes qui montrent les difficultés rencontrées par les petites structures pour satisfaire pleinement aux exigences de la réforme. 
 

Pourtant, toutes les entreprises assujetties à la TVA (peu importe leur taille) sont concernées.  

 

Ce qui change à partir du 1er septembre 2026 

En septembre 2026, les TPE et PME devront obligatoirement être en mesure de recevoir des factures électroniques à cette date. Cette obligation concerne toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA, y compris les artisans, commerçants, indépendants et micro-entrepreneurs. A noter : l’obligation d’émettre des factures électroniques interviendra en 2027.  

Pourquoi autant d’entreprises ne sont-elles pas prêtes ?

 

Entre une certaine « tradition papier » et une gestion comptable avec des outils « de tous les jours » comme les tableurs Excel ou les documents Word, les TPE et PME ne disposent pas forcément des conditions idéales pour se mettre en conformité. 

En effet, il ne s’agit pas d’envoyer des factures par e-mail mais bien de choisir une plateforme de dématérialisation (ou plateforme agréée) et d’avoir recours à des formats de facture spécifiques.  

Ces nouveaux processus peuvent déstabiliser des professionnels pas forcément à l’aise avec le numérique et rencontrant des difficultés pour saisir certaines subtilités administratives. 

Pourtant, les petites structures doivent dès à présent engager ce chantier sous peine de s’exposer à des sanctions.  

 

Que doivent-elles faire concrètement ?  

Adapter leur logiciel de gestion ou de facturation ;

Faire évoluer leur organisation administrative ;

Revoir leurs échanges avec l’expert-comptable ;

Modifier le traitement des factures fournisseurs ;

Faire évoluer la transmission des données à l’administration fiscale. 

Artisan, commerçant, PME : êtes-vous concerné ? 

 

Prenons quelques exemples concrets d’entreprises de petite taille soumises à la TVA.  

 

Un artisan du bâtiment 

 

Reçoit plusieurs dizaines de factures fournisseurs chaque mois 

Doit les recevoir via une plateforme adaptée dès septembre 2026

 

Une boulangerie 

 

Vend principalement à des particuliers 

Reste néanmoins concernée pour ses achats professionnels et certaines obligations d’e-reporting

 

Une salle de sport 

 

Doit vérifier que son logiciel de gestion est compatible avec les futurs échanges électroniques. 

Les cinq actions à engager dès maintenant 

 

1. Comprendre comment vous fonctionnez  

 

Avant d’engager les chantiers, il est utile de poser à plat la manière dont vous émettez vos factures mais aussi comment vous recevez celles de vos fournisseurs. En identifiant précisément votre fonctionnement, vous comprenez les éventuels points de blocage.  

 

 

2. Adopter le bon logiciel et/ou vérifier sa compatibilité 

 

Si vous ne disposez pas encore d’un logiciel de facturation, c’est le moment d’en choisir un et de changer vos processus. Si c’est bien le cas, faites attention : tous les logiciels de facturation ne sont pas prêts pour la réforme. 

Comment vous en assurer ? Contactez le service support de l’éditeur du logiciel et demandez si l’outil est bien conforme et quels sont les éventuels surcoûts pour profiter des fonctionnalités spécifiques à la facturation électronique.  

 

3. Choisir une plateforme de dématérialisation 

 

En choisissant votre logiciel de facturation, vous allez généralement utiliser leur dispositif pour faire transiter les factures par les plateformes agréées (ou PA). Même si l’émission n’est obligatoire qu’en 2027 pour les PME et TPE, il est conseillé de choisir une solution entièrement fonctionnelle (réception/émission) pour éviter d’avoir de nouvelles démarches à effectuer l’année prochaine.  

 

4. Ne pas négliger les obligations d’e-reporting 

 

De nombreuses TPE ou PME réalisent des ventes à des particuliers, encaissent des prestations de services ou effectuent des transactions internationales. Il existe ici des cas spécifiques dits d’« e-reporting », à savoir que ces opérations devront être signalées auprès de l’administration (sans passer par une facturation « classique »).  

 

5. Se former ou former vos équipes 

 

Une fois que vous avez adopté les bons outils et mis en œuvre les bons processus, vous devez vous assurer d’avoir bien compris toutes les règles et/ou de former correctement les personnes en charge de la gestion de la facturation. 

Septembre 2026, c’est maintenant ! 

 

Si l’administration fiscale sera clémente avec les retardataires, cela ne durera pas éternellement et il est donc vivement conseillé aux TPE/PME de se mettre rapidement en conformité. 

De plus, vous pouvez considérer que cette nouvelle obligation n’est pas uniquement une contrainte administrative mais aussi un moyen de sécuriser votre processus de facturation (factures traitées plus rapidement, suivi de la trésorerie…).  

 

70% des TPE/PME ne sont pas prêtes pour l’échéance 2026 !