

En tête à tête avec Armelin, garagiste à Noisy-le-Sec
« Aujourd’hui, réparer une voiture, c’est devenu beaucoup plus technique qu’avant »
À Noisy-le-Sec, Armelin dirige le garage ATS depuis plus de 25 ans. On y répare aussi bien les véhicules du quotidien que les taxis parisiens, un domaine dans lequel il s’est fait connaître au fil des années. Entre véhicules toujours plus technologiques, transition vers l’électrique et hausse des coûts de l’énergie, le métier de garagiste a profondément évolué.
Armelin nous partage son expérience…
Pouvez-vous nous raconter votre parcours et l’histoire du garage ?
Mon père était déjà garagiste. On avait la maison juste à côté du garage, donc j’ai toujours baigné dedans. À la fin de mes études, je suis venu lui donner un coup de main… puis je suis resté.
Ensuite, j’ai voulu créer quelque chose de plus grand, à ma façon. J’ai donc ouvert ATS à Noisy-le-Sec puis agrandi progressivement le garage.
Aujourd’hui, on fait à la fois de la mécanique et de la carrosserie. On travaille aussi beaucoup avec les assurances et on est devenus assez connus dans la réparation des taxis parisiens. Comme j’ai aussi des sociétés de taxis à côté, le bouche-à-oreille a beaucoup joué.
À quoi ressemble une journée type pour vous ?
6h30 : début de journée
J’arrive très tôt au garage. Beaucoup de mes clients, notamment les taxis, travaillent de nuit donc ils passent dès le matin.
8h : gestion administrative
Je prépare les devis, je jette un œil aux factures, j’organise ma journée de travail.
Dans la journée : atelier, clients et assurances
Ensuite, il y a l’accueil des clients, les commandes de pièces, l’organisation de l’atelier, les échanges avec les experts d’assurance… et de la négociation.
19h : fin de journée
La journée se termine souvent avec encore un peu de facturation et d’administratif.
Votre équipe ressemble à quoi aujourd’hui ?
On est neuf. J’ai une équipe expérimentée avec aussi quelques alternants. Le métier évolue tellement vite qu’il faut des gens capables de s’adapter.
« Les réparations sont devenues beaucoup plus complexes »
Est-ce que votre métier a beaucoup changé ces dernières années ?
Énormément. Aujourd’hui, les véhicules sont beaucoup plus technologiques qu’avant. Les systèmes embarqués ont complètement changé le métier.
Avant, un phare, c’était surtout un morceau de plastique avec une ampoule. Aujourd’hui, vous avez des LED, des calculateurs, des systèmes intelligents… forcément, les réparations coûtent plus cher.
Même chose pour les pièces détachées : leurs prix ont fortement augmenté ces dernières années. Avec toutes ces nouvelles technologies, la réparation automobile demande désormais un vrai niveau d’expertise.
Comment vous formez-vous ?
Il y a des centres spécialisés comme le GNFA qui proposent des stages toute l’année. Je fais environ deux formations par an, notamment sur les véhicules hybrides et électriques.
Certaines formations sont obligatoires aujourd’hui, par exemple sur les véhicules électriques ou la climatisation. Comme on est une petite équipe, c’est souvent moi qui me forme puis qui transmets aux autres.
Anticiper les nouvelles technologies : un vrai avantage pour les garages.
Véhicules hybrides, électriques, nouvelles réglementations… les garages qui se forment tôt prennent une longueur d’avance.
Anticiper permet :
- de gagner du temps,
- de mieux accompagner ses clients,
- et de devenir une référence sur certains types de réparations.
« Les taxis hybrides nous ont poussés à nous former très tôt »
Comment vivez-vous l’arrivée des véhicules électriques et hybrides ?
Plutôt bien. J’ai commencé à me former il y a une quinzaine d’années parce que les taxis ont été parmi les premiers à passer à l’hybride. Comme ma clientèle commençait à s’équiper, je m’y suis mis tout de suite.
Avec le temps, c’est devenu une vraie opportunité pour le garage. Les clients savent qu’on maîtrise ces véhicules, donc ils viennent naturellement chez nous.
Avez-vous envisagé d’installer des bornes de recharge ?
Oui, je suis en train de me pencher sérieusement sur le sujet. Le vrai sujet aujourd’hui, c’est surtout de réfléchir à la place disponible et à la manière de les installer dans le garage. Je sais que ça va arriver plus vite qu’on ne le pense, donc il faut anticiper.
Installer des bornes de recharge dans son garage : par où commencer ?
Avec l’accélération de l’électrification du parc automobile français, de plus en plus de professionnels réfléchissent à installer des bornes de recharge dans leurs locaux.
Avant de se lancer, plusieurs questions sont à anticiper :
- la place disponible,
- la puissance électrique du bâtiment,
- les usages réels des clients,
- et les aides disponibles.
ENGIE Professionnel consacre d’ailleurs un article complet au sujet : Installer des bornes de recharge en entreprise
« La cabine de peinture, c’est clairement le plus gros poste de consommation »
À combien s’élèvent vos factures d’énergie ?
On est autour de 1 500 euros d’électricité par mois. Et il faut ajouter une grosse consommation de gaz.
Qu’est-ce qui consomme le plus dans votre garage ?
La cabine de peinture, clairement. Entre la cabine et le four, ça représente une grosse partie de nos dépenses énergétiques. Et l’hiver, avec le chauffage de l’atelier qui fonctionne au gaz, la facture grimpe vite.
Il y a aussi les ponts, l’outillage ou encore l’informatique au bureau. Mis bout à bout, ça représente énormément.
« On essaie d’utiliser la cabine de peinture le plus intelligemment possible »
Les ventilateurs à réaction pour votre cabine de séchage : jusqu’à 20 % d’économies
Les ventilateurs à réaction permettent de conserver le même débit d’air tout en consommant moins d’énergie que des systèmes classiques.
Concrètement, sur un garage qui utilise quotidiennement sa cabine de peinture, cela peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés sur l’année.
ENGIE Professionnel détaille cette solution ici :
Installer des ventilateurs à réaction pour les cabines de séchage
Quelles sont les actions que vous mettez en place pour limiter votre consommation ?
On optimise au maximum. Par exemple, on évite de lancer la cabine de peinture pour un seul élément. On la fait aussi réviser trois fois par an : l’entretien, c’est essentiel.
J’ai également investi dans l’isolation du bâtiment. Les portes s’ouvrent et se ferment automatiquement pour éviter les pertes de chaleur. Et tout l’éclairage de l’atelier est passé en LED.
Vous utilisez la climatisation ?
Non, parce que le bâtiment est bien isolé. On n’en a pas besoin aujourd’hui.
Un garage bien isolé peut-il éviter la climatisation ?
Une bonne isolation thermique permet souvent :
- de limiter les pertes de chaleur l’hiver,
- de garder davantage de fraîcheur l’été,
- et donc de réduire fortement les besoins en climatisation.
Dans certains ateliers bien isolés, de simples ventilateurs peuvent suffire là où une climatisation classique consommerait beaucoup plus d’électricité.
« Les déstratificateurs thermiques vont être installés dans les prochains jours »
Certaines solutions, comme les ventilateurs à réaction pour les cabines de séchage, permettent de faire des économies. Est-ce un sujet pour vous ?
Je ne connaissais pas spécialement cette technologie. En revanche, on vient de signer un devis pour installer des déstratificateurs thermiques dans le garage.
Le principe, c’est de récupérer l’air chaud qui monte au plafond pour le renvoyer vers le sol. Dans un atelier avec une grosse hauteur sous plafond, ça peut faire une vraie différence sur le chauffage.
« L’été, on coupe quasiment tout »
La période estivale change-t-elle votre façon de gérer le garage ?
Oui. Au mois d’août, le garage ferme complètement pendant plusieurs semaines. On coupe quasiment tout : électricité, équipements… il reste juste le strict minimum.
Ça permet évidemment de réduire les consommations, mais aussi de limiter les risques d’incendie.
Garage automobile : attention aux risques d’incendie
Dans un atelier, certains équipements restent sous tension même en dehors des horaires d’activité.
Couper les appareils inutilisés la nuit ou pendant les fermetures permet :
- de réduire la consommation,
- mais aussi de limiter les risques électriques et les départs de feu.
« Aujourd’hui, un fournisseur d’énergie doit aussi être capable de conseiller »
Qu’attendez-vous d’un fournisseur d’énergie ?
Le prix reste l’élément clé, forcément. Mais aujourd’hui, on attend aussi d’être conseillé et accompagné.
Vous sentez-vous bien accompagné ?
Oui, surtout sur la réactivité. Par exemple, récemment, il y a eu une coupure dans la zone et tout a été remis rapidement en place.
L’énergie renouvelable, c’est un sujet pour vous ?
Oui, complètement. Je réfléchis d’ailleurs à installer des panneaux solaires sur le toit du garage. Après, il y a aussi une réalité économique : le prix reste déterminant.
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Installer des bornes de recharge, peut-être des panneaux solaires… et continuer à moderniser le garage. Le métier change vite, donc il faut réussir à suivre.
On sent aussi que les habitudes évoluent : les gens roulent moins qu’avant. Aujourd’hui, il faut réussir à s’adapter en permanence.
À retenir pour les garagistes
Anticiper les nouvelles technologies permet souvent de prendre une longueur d’avance.
Isolation, LED, entretien des équipements : les petits gestes peuvent avoir un vrai impact sur la facture.
Les véhicules électriques transforment progressivement le métier… et les attentes des clients aussi.
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