Aller au contenu principal

Blockchain et énergie : le pari gagnant

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne*. Dans le secteur de l’énergie, la blockchain permet aux producteurs et consommateurs d’énergie de gérer localement et de façon indépendante leur propre réseau électrique, dans une optique d’autoconsommation. Ainsi, les surplus d’électricité s’échangent entre voisins, via des transactions sécurisées et beaucoup plus faciles à mettre en place.

La blockchain au service de l’autoconsommation énergétique

À Perth, en Australie, Power Ledger a lancé en décembre “le premier marché d’électricité résidentielle propulsé par une blockchain”. Testé en Nouvelle-Zélande l’été dernier, le dispositif permet aux propriétaires d’équipements solaires de vendre leur surplus d’énergie, tous les échanges s’effectuant sur une blockchain dédiée, Ecochain. Du côté de New York, le projet Brooklyn Microgrid permet aux utilisateurs de gérer localement et de façon indépendante leur propre réseau électrique, en s’appuyant sur la blockchain Ethereum. Les surplus d’électricité s’échangent entre voisins, via des transactions sécurisées. Par ailleurs, l’utilisation de la blockchain d’un point de vue énergétique pourrait se répandre partout dans le monde grâce aux compteurs d’énergie intelligents. Elle pourrait assurer le suivi de l’électricité en temps réel et éviter le double comptage.

Énergie solaire et blockchain, une affaire qui roule

La blockchain est utilisée aussi bien pour engager les usagers à choisir une énergie verte que pour analyser des données qui permettront de développer de nouveaux services énergétiques. Ainsi, la cryptomonnaie SolarCoin est un système de récompense incitant les consommateurs à passer à l’énergie solaire. Concrètement, les utilisateurs disposant de panneaux solaires peuvent recevoir des SolarCoins en fonction de l’énergie qu’ils produisent (1 mégawattheure (MWh) d’énergie solaire donne droit à 1 SolarCoin). Quelques 150 000 MWh d’énergie solaire ont ainsi déjà été récompensés par des SolarCoins, dans 24 pays. Du côté de l’outil de suivi de production d’énergie solaire ElectriCChain, on utilise la blockchain pour répertorier toutes les installations solaires, et à fournir des données non confidentielles, utilisables pour des études scientifiques ou climatiques. Plus ambitieux, le concepteur de micro grids Electraseed fait appel à la blockchain pour déployer des kits solaires autonomes, formant leur propre réseau électrique et gérant tous les échanges via blockchain.

Et pour les TPE ?

Si la blockchain est aujourd’hui très utilisée par les grandes structures, elle représente une solution d’avenir pour les TPE. En effet, elle permet de s’inscrire dans une démarche d’autoconsommation énergétique de manière plus précise et plus sûre. Elle permet également de mieux gérer la revente et l’injection dans le réseau de l’énergie qui n’a pas été utilisée par la TPE productrice. Enfin, utilisée avec les compteurs connectés, elle favorise une meilleure gestion de la consommation énergétique et la remontée d’informations sur les éventuelles pannes que peuvent rencontrer les usagers. En bref, le développement de la blockchain pour l’énergie va dans l’avenir apporter de plus en plus de services sur-mesure aux consommateurs et c’est une bonne nouvelle !

Focus sur ENGIE et la blockchain

L’expérimentation a déjà commencé chez ENGIE. Ainsi, en France, le Groupe réfléchit à l’utilisation de la blockchain pour une gestion optimisée de la consommation et de la maintenance, et notamment dans la traçabilité des flux (eau, gaz, électricité). Dans l’Yonne par exemple, ENGIE a mis en place une infrastructure blockchain sur un réseau de compteurs d’eau connectés. Gérant les données des compteurs, celle-ci permet de déclencher automatiquement l’appel du dépanneur en cas de fuite.