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TPE, comment lutter contre la souffrance au travail

53% des collaborateurs éprouvent du stress au travail*. Un quart des hommes (24%) et un tiers des femmes (37%) souffrent de troubles psychologiques liés à leur travail**. S’il est primordial de prendre conscience que la souffrance au travail - notamment chez les TPE, est présente Il est aussi essentiel de savoir que des solutions existent et peuvent être mises en place facilement. Faisons le point.

Pourquoi lutter contre la souffrance au travail

Lutter contre la souffrance au travail, c’est agir sur le long terme pour garantir la santé de sa TPE, parce que souffrance est aussi synonyme de :

  • désengagement des collaborateurs,
  • augmentation de l’absentéisme,
  • baisse de la productivité.

Souffrances physiques ou psychologiques ?

Si les souffrances physiques comme le mal de dos ou autres troubles musculosquelettiques sont reconnues et peuvent être aisément prises en charge, il n’en est pas toujours de même pour les souffrances psychologiques, également appelées RPS (risques psycho sociaux). Ces derniers peuvent conduire au Burn-Out (épuisement professionnel), au Bore-out (angoisse et dépression pour cause d’inactivité constante), voire au Brown-out (sentiment constant d’inutilité, d’absence de sens).

L’historien spécialiste du monde du travail Olivier Delorme a déterminé 7 typologies de souffrances auxquelles peuvent être confrontés les TPE :

  • le manque de reconnaissance de la part d’un supérieur hiérarchique, mais aussi de clients, de fournisseurs,
  • l’absence de moyen pour mener à bien des projets, qui provoque la plupart du temps de la frustration,
  • le manque de leadership de la part du dirigeant qui ne parvient pas à fédérer les collaborateurs autour d’un projet d’entreprise et peut conduire à un manque de motivation et d’engagement,
  • le manque d’autonomie qui peut être lié au manque de reconnaissance et qui entrave la confiance des collaborateurs,
  • la monotonie des tâches qui peut conduire au fameux "bore-out" ou souffrance de s’ennuyer au travail,
  • l’absence de formation qui peut creuser les différences entre les collaborateurs et provoquer des frustrations,
  • le danger lié à un métier, qui peut bien entendu être physique, mais provoquer aussi un grand stress.

Quelles solutions mettre en place pour lutter contre ce phénomène ?

La première solution est le dialogue avec les collaborateurs. A travers des réunions, des événements pour resserrer les liens ou encore des séminaires à l’extérieur du lieu de travail. Il suffit souvent d’une petite action pour retrouver un esprit d’équipe fort. Pour Éric Albert, président de l’Institut Français de l’Action sur le Stress (IFAS), “Un manager doit avoir de la considération pour chacun de ses collaborateurs. Respecter un collaborateur, c’est respecter une personne avant de respecter une fonction dans la hiérarchie.”

Cela passe aussi par la “réhumanisation” du monde du travail et particulièrement par :

  • Faire confiance au collaborateur(rice) : le/la considérer dans son évolution et non au travers du poste qu'il occupe à un temps T, en encourageant la promotion interne pour mieux le valoriser et construire une relation de confiance dans la durée entre l'entreprise et ses salariés.
  • Enrichir l'évaluation des collaborateurs : lors de l'entretien d'évaluation individuel, la notion de progrès doit être privilégiée, de même que le droit à l'erreur doit être accepté.
  • Passer de la gestion des ressources humaines à la gestion humaine des ressources : il convient donc de prendre le.a collaborateur(rice) tel qu'il est et par là-même de prendre en compte, naturellement, la question de la diversité sous toute ses formes. D'ailleurs, on constate que les TPE qui savent intégrer des profils différents sont souvent celles qui gèrent le mieux les questions relatives au bien-être au travail.
  • Mesurer le capital immatériel : les TPE doivent prendre conscience que leur valeur ne se limite pas au chiffre d’affaire, mais que celle-ci s'apprécie avant tout au regard des collaborateurs qui y travaillent. Mesurer le capital immatériel, c’est valoriser le capital humain.

Par ailleurs, il existe aussi des aides extérieures pour aider les TPE face aux souffrances qu’elles peuvent rencontrer. Par exemple, les AFS (Aides Financières Simplifiées de la CARST-SE). La Carsat Sud-Est peut apporter un soutien financier atteignant 25 000 euros. Elle permet de financer l’acquisition de matériels ou la réalisation de diverses prestations : formations, diagnostics-plans d’actions, etc. Concrètement, les aides financières simplifiées (AFS) ont pour objectif de développer la prévention des risques professionnels dans les petites entreprises. Ces aides s'inscrivent dans le cadre d'un programme de prévention adapté en fonction de chaque secteur.

A Saint-Pierre et Miquelon, un service de la prévention de la santé au travail avec une équipe pluridisciplinaire, est aujourd’hui en train d’être mise en place. Non seulement ouvert au secteur privé et à la fonction publique, il est aussi ouvert aux employeurs de TPE, aux autoentrepreneurs, et autres travailleurs non-salariés.

Les chefs de très petites entreprises sont aussi concernés

Si les collaborateurs de TPE sont souvent les premières victimes du stress engendré par leur activité, il convient de ne pas oublier que les porteurs de projet peuvent eux aussi connaître la souffrance au travail. C’est d’ailleurs fort de ce constat qu’AMAROK, un observatoire de la santé des dirigeants de TPE/PME a été créé en 2009 par Olivier Torrès, Professeur des Universités (Montpellier) et spécialiste des TPE et PME. AMAROK nous apprend par exemple qu’il n’existe pas de médecins du travail dédiés aux travailleurs non-salariés alors que cela concerne plus de 3 millions de personnes.

L’observatoire propose ainsi de mettre au service des chefs d’entreprise et des fédérations patronales ses experts en santé au travail au travers d’actions de prévention et d’assistance comme :

  • une formation à la prévention des risques santé au travail et promotion des bonnes pratiques chez les dirigeants
  • une plateforme d’écoute à distance pour les dirigeants en détresse

Et vous, quelles actions mettez-vous en place au sein de votre TPE pour lutter contre la souffrance au travail ?