

La ventilation dynamique ou statique en élevage de volaille de chair
Qu’elle soit dynamique ou statique, la ventilation est un levier stratégique en élevage de volailles de chair. Samuel Marchand, référent technique volaille chair à la coopérative Le Gouessant, nous explique la différence entre deux systèmes et partage ses conseils pour une ventilation bien gérée.
En quoi la ventilation est-elle un enjeu en élevage de volailles de chair ?
La ventilation joue un rôle clé pour le bien-être et la santé des animaux. Elle permet de maintenir une température adéquate selon leur âge, tout en assurant une bonne oxygénation.
Elle contribue aussi à évacuer l’humidité, les poussières et des gaz en excès comme le dioxyde de carbone ou l’ammoniac…
A quelles périodes du développement des animaux la ventilation est-elle la plus stratégique ?
Les volailles de chair sont en croissance permanente, donc leurs besoins évoluent rapidement. Il est nécessaire d’adapter continuellement les réglages de ventilation.
Quand les poussins tout juste sortis de l’œuf arrivent sur l’élevage, ils sont incapables de réguler leur température corporelle. Il faut leur offrir une ambiance chaude, en général de 32°C.
Quand les volailles s’emplument, la température peut diminuer. En revanche, d’autres problématiques apparaissent. Il faut notamment veiller à maintenir une litière sèche et friable afin d’éviter, par exemple, les pododermatites.
Or, en cas de mauvais paramétrage, le bâtiment risque de trop chauffer ou trop ventiler, engendrant des surconsommations d’énergie ou des conditions zootechniques défavorables.
Quelle est la différence entre la ventilation dynamique et statique ?
La ventilation dynamique est artificielle. Elle est produite grâce à des ventilateurs électriques. A l’inverse, la ventilation statique s’effectue de façon naturelle par l’échange des flux d’air au sein de l’élevage de volailles.
Cette circulation est permise par des trappes d’entrée d’air situées sur les côtés du bâtiment, avec un chapiteau pour la sortie d’air en haut du poulailler.
Quels sont les intérêts de ces systèmes de ventilations ?
La ventilation statique permet des économies d’énergie. Certaines espèces demandent moins d’oxygénation que d’autres, comme la dinde ou la pintade. Ces volailles peuvent facilement être élevées un bâtiment statique.
A l’inverse, le poulet grossit très vite et nécessite un apport en oxygène important. C’est pourquoi la plupart des bâtiments en poulet de chair sont dotés d’une ventilation dynamique. Avec le dérèglement climatique, les étés sont de plus en plus chauds.
Dans ce contexte, la ventilation dynamique est une bonne option pour garantir une vitesse d’air suffisante sur les animaux. Les volailles bénéficient ainsi d’une meilleure température ressentie et plus de confort.
Quelles sont leurs limites ?
Bien sûr, la ventilation dynamique coûte plus cher à l’installation et nécessite plus d’entretien que la ventilation statique.
Toutefois, bien que les bâtiments dynamiques consomment plus d’électricité pour la ventilation, ils permettent plus d’économies de chauffage.
Plus récents, ces bâtiments sont aussi mieux isolés et permettent de jouer davantage sur le couplage ventilation/chauffage avec des réglages plus fins. Depuis les années 2000, d’ailleurs, la majorité des bâtiments en volaille sont en système dynamique.
Est-ce que vous conseillez systématiquement un bâtiment dynamique aux éleveurs de poulet ?
Pas forcément. J’accompagne des éleveurs dotés d’une ventilation statique, à qui j’ai conseillé de la conserver en installant des turbines. C’est le cas d’un jeune installé qui a repris un élevage de poulet de chair en bâtiment statique.
Grâce aux turbines, et donc à une ventilation statico-dynamique, il lutte plus facilement contre les coups de chaleur l’été.
En revanche, pour un projet de construction, mieux vaut partir sur du dynamique. D’ailleurs, les bâtiment 100 % statiques n’existent quasiment plus en poulet de chair.
Comment savoir si la ventilation d’un bâtiment de volailles est bien réglée ?
Le premier indicateur est le comportement des oiseaux. Il faut observer comment ils se répartissent dans le bâtiment.
Des volailles regroupées ont peut-être froid. Si elles halètent et ouvrent le bec, elles ont trop chaud.
L’éleveur peut alors modifier la vitesse de la ventilation, afin de réduire ou augmenter les courants d’air.
Il peut aussi jouer sur les consignes de température. L’état de la litière est aussi un indicateur intéressant. Une litière humide peut être due à une ventilation insuffisante.
Quels sont vos conseils pour l’entretien de la ventilation ?
Un bon équilibre entre la ventilation et le chauffage permet d’optimiser le pilotage du bâtiment d’élevage. Il évolue en fonction du stade physiologique des volailles.
La ventilation dynamique nécessite bien sûr une régulation plus fine. Il est donc important de contrôler et entretenir régulièrement les équipements de ventilation et de chauffage.
Je conseille aux éleveurs de profiter du vide sanitaire pour contrôler leur matériel. Par exemple, il est indispensable de faire un contrôle technique de la brumisation avant l’été.
Ils peuvent ainsi éviter de mauvaises surprises pendant l’élevage du prochain lot. Autre point important : contrôler les valeurs fournies par les capteurs du bâtiment, comme les sondes de température, hygromètre ou dépressiomètres.
Des imprécisions pourraient conduire à de mauvais réglages.
