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Innovation : Paris produit de l’énergie avec l’eau des égouts pour ses piscines

Lorsqu’on parle d’égouts, on peut rencontrer quelques difficultés à mettre ce terme en corrélation avec la production d’énergie. Pourtant, au même titre que les déchets industriels, agricoles et domestiques, les eaux usées peuvent contribuer à la production d’une énergie plus propre pour les collectivités locales. Démonstration avec une initiative de la ville de Paris, qui vise à utiliser l’eau des égouts pour chauffer les piscines municipales.

 

eau égouts

Les piscines, des équipements demandeurs d’énergie

La piscine est devenue l’un des équipements publics les plus fréquentés et l’un des plus sollicités par les habitants : en 13 ans, une hausse de 46 % des entrées "grand public" a été enregistrée et on dénombre 7 millions d’entrées annuelles, près de 70 000 usagers très réguliers et une moyenne annuelle de 190 000 usagers par piscine.

Des équipements très gourmands en énergie, notamment à un moment où  la Ville de Paris s’est fixée comme objectifs dans le cadre de son Plan climat énergie de réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans l’approvisionnement de l’administration d’ici à 2020.

La piscine Aspirant-Dunant : un modèle du genre à Paris

Le 5 octobre 2016, la Mairie de Paris inaugurait un nouveau dispositif de production d’énergie à la piscine Aspirant-Dunant dans le 14ème arrondissement, qui permettait de chauffer les bassins et les douches en récupérant la chaleur de l’eau des égouts. Celle-ci, dont la température est comprise entre 13 et 20 °C toute l’année, devait permettre à l’établissement municipal de diminuer de moitié ses besoins en électricité pour se chauffer. Notons que jusqu’à l’an passé, les besoins en électricité de ladite piscine s’élevaient à 1 310 mégawattheures (MWh) par an.

Un an plus tard, le bilan est positif pour cette initiative qui devrait faire des émules dans la capitale. “Les piscines sont les équipements publics les plus énergivores, car il faut non seulement chauffer l’air et l’eau, mais aussi ventiler l’atmosphère. La performance énergétique est donc l’un des premiers critères dans les travaux de rénovation des piscines”, a expliqué Jean-François Martins, adjoint à la maire chargé du sport.

D’ici 2020, l’objectif est de réduire de 20 % la consommation d’énergie des 39 piscines de Paris”.

Economies d’énergie et écoresponsabilité

La mise en oeuvre du projet est plutôt simple et s’assimile à une géothermie « basse température ». Les calories sont récupérées par des échangeurs thermiques (sous forme de plaques métalliques) installés dans les égouts situés sous la piscine, sur lesquels circulent les eaux. Des pompes à chaleur permettent ensuite de porter à la température souhaitée les bassins et les douches de la piscine Aspirant-Dunand ou d’un autre établissement utilisant de l’eau. Outre le fait de diminuer les besoins énergétiques de la piscine, ce procédé permet d’entraîner une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’établissement de 46 tonnes équivalent CO2, soit une baisse de 30 %.

Le dispositif, mis en place à travers l’opération “Nager à Paris”, rencontre un vif succès, notamment auprès des usagers qui se félicitent des économies d’énergie et du geste écoresponsable mis en place par la ville.

A noter que ce n’est pas la première expérimentation mettant en jeu piscine parisienne et énergie. En effet, la ville a récemment mis en place un bassin nordique de la Butte aux Cailles dans le 13e. L’eau de ce dernier est chauffée grâce aux serveurs de la start-up Stimergy, installés dans les sous-sols du bâtiment.

Et vous, en tant que TPE, pourriez-vous contribuer à ce type d’initiatives ?